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   Though some musical genres are known in the whole world and tend to be globalized, there still are many others that we are not used to listen to and that we generally like to hear because they sound exotic. To a European ear, for instance, samba is very festive whereas traditional Chinese music is relaxing. Thus, both arouse interest and curiosity among the European people, and can be used by them in certain circumstances, but do not actually become part of everyday life in European cultures. Why is each one of these musical genres, among many others, peculiar to a culture? Why do other cultures not borrow them as they did with jazz, pop music etc.? Edward T. Hall’s work helps us to understand this phenomenon.

 

In Beyond Culture Edward T. Hall introduces the phrases being in sync and being out of sync, which he also deals with in The Dance of Life. Sync is the abbreviation of syncing which may be defined, in the fields of communication, kinesics, and cinema as the coordination of motions of several individuals who are interacting. In the 60s, William Condon showed, by analyzing several films of people talking to each other frame after frame, that the motions of individuals who are interacting tend to be synchronized. Sometimes the individuals are not even aware of these motions (blinking or movements of the little finger), and sometimes the movements are wider (nods) and the individuals seem to dance a choreography together without being aware of it.

   It was noticed that these movements usually happen at the same time as stresses on syllables of speech. This shows that there exists a link between speech and motion rhythm which we are not aware of, when talking. Even more, syncing is already present in the behaviour of a new-born: long before being able to talk, a baby synchronizes his or her motions with the speech of a person who is talking, whatever language is used. Edward T. Hall draws the conclusion that syncing is innate and universal and that it is a fundamental element of speech. However, when growing up, we get used to the rhythm of our own language and cannot be in sync with somebody talking in a foreign language anymore. Therefore rhythm forms a part of culture which is totally unconscious. And peoples invent musical genres according to the rhythm of their language, which enables individuals to create links with their interlocutors. Thus, according to Hall “music represents a sort of rhythmic consensus, a consensus of the core culture”. We are all immersed in a “sea of rhythm” of which we are not aware and which is a factor of group cohesion between natives of a culture.

   If an individual cannot be in sync with a rhythm, he or she will not be in sync with a piece of music based on the same rhythm either. And, although the attraction of the exotic is real, the assimilation of a foreign musical genre in our own culture is difficult when its rhythm is not ours. That is why many musical genres are peculiar to a culture: we can assume that the appropriation of a musical genre by a culture depends on the ability of its members to be in sync with this musical genre thanks to a rhythm which is familiar to them.

 

Many surveys have shown that people who play an instrument or have musical skills have more aptitudes for foreign language learning than others due to a higher ability in perceiving and closely reproducing accents. And having the right rhythm and accent when we learn a foreign language is crucial for at least two reasons. The first reason is that rhythm, accent, and intonation convey intentions, ton, humor, innuendos an so on. The second reason is that, in a deeper level of awareness, rhythm, accent, and intonation make it possible to be in sync with a native interlocutor and thus to attract his or her attention and have a bigger impact.

   In addition to misunderstanding, rhythm discrepancies between people may also generate stereotypes and prejudice. Indeed, rhythm and the way of moving linked to it are a form of nonverbal communication. Edward T. Hall gives us the example of the way of walking, which is very different in each ethnic group: the Anglo-American walk is fast and confident whereas the Latino-American walk is boastful. To an Anglo-American, a Latino-American could seem proud or even swanky, and to a Latino-American, an Anglo-American could look authoritarian: we often think that the way people move is an index of their characters. In reality, lending a character to a cultural ethnic group just on the basis of their appearance is a stereotype. The way of moving is not a matter of character, it is once again a matter of rhythm.

Learn more:

Website dedicated to Edward T. Hall

Studies :

An empirical comparison of rhythm in language and music

Cross-Cultural Perception & Structure of Music

The role of rhythm in discriminability of languages (in French)

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  De nombreux genres musicaux sont connus dans le monde entier et circulent facilement d’une culture à l’autre. Cependant, certains genres de musique ne nous sont pas familiers mais peuvent néanmoins nous plaire par leur caractère exotique. Pour une oreille européenne, par exemple, la samba revêt un caractère festif alors que la musique chinoise traditionnelle est plutôt perçue comme relaxante. Ainsi, ces deux genres musicaux éveillent la curiosité et l’intérêt des Européens, qui les utilisent dans certains contextes, mais elles ne trouvent pas leur place dans la vie quotidienne dans les cultures européennes. Pourquoi ces styles de musique, comme tant d’autres, sont-ils propres à une seule culture ? Qu’est-ce qui explique que les autres cultures ne les empruntent pas comme elles ont emprunté et adopté le jazz, la pop etc. ? La lecture de l’œuvre de l’anthropologue américain Edward T. Hall nous permet de comprendre ce phénomène.

Au-delà de la culture

  Dans Au-delà de la culture, Edward T. Hall introduit la notion de synchronie, qu’il reprendra dans La danse de la vie. Dans les années 1960, William Condon a mis ce concept en évidence en analysant image par image des films montrant des personnes en train de discuter. Il a ainsi montré que, lorsque plusieurs personnes interagissent, leurs mouvements tendent à être synchronisés. Ces personnes ne se rendent pas toujours compte de ces mouvements (comme les battements de paupières ou l’agitation du petit doigt), et lorsqu’elles effectuent des mouvements plus amples (tels que des hochements de tête), elles donnent l’impression de danser ensemble une véritable chorégraphie sans en avoir conscience.

   William Condon a remarqué que ces mouvements étaient synchronisés avec les syllabes accentuées du discours. Cette observation montre qu’il existe un lien inconscient, lorsque nous parlons, entre notre discours et le rythme de nos mouvements. Mieux encore, la synchronie est déjà visible dans le comportement d’un nouveau-né : bien avant d’être capable de parler, un bébé synchronise ses mouvements avec la voix humaine, quelque soit la langue employée. Edward T. Hall en conclut que la synchronie est innée et universelle, et qu’elle constitue un élément fondamental du langage. Néanmoins, en grandissant, nous nous habituons au rythme de notre propre langue et nous ne parvenons plus à être synchrones avec une personne parlant une langue qui nous est étrangère. Le rythme est donc une partie de notre culture dont nous ne sommes absolument pas conscients. C’est pourquoi les peuples créent des genres musicaux en fonction du rythme de leur langue, lequel permet aux individus d’instaurer un lien avec leurs interlocuteurs. Ainsi, la musique est, pour Hall, un « consensus rythmique constitutif de la culture profonde d’un peuple ». Nous sommes tous immergés dans « un océan de rythmes » dont nous sommes inconscients mais qui constitue un facteur de cohésion des individus au sein de notre culture.

   Si un individu n’est pas synchrone avec tel ou tel rythme, il ne pourra pas être synchrone avec un morceau de musique composé sur ce même rythme. Ainsi, s’il existe un attrait évident pour ce qui est exotique, l’assimilation d’un style musical d’une culture étrangère dont le rythme est différent du nôtre se révèle difficile. C’est pourquoi de nombreux genres musicaux sont propres à une culture en particulier : on peut supposer que l’appropriation d’un genre musical par un groupe culturel dépend de la capacité de ses membres à être synchrones avec cette musique, grâce à un rythme qui leur est familier.

La Danse de la vie

   Un certain nombre d’études ont montré que les personnes qui jouent d’un instrument ou qui possèdent des connaissances musicales ont plus d’aptitudes que les autres pour l’apprentissage des langues en raison de leur plus grande faculté à en percevoir et à reproduire fidèlement l’accent. Or avoir un rythme et un accent corrects, lorsqu’on apprend une langue, est primordial, pour deux raisons au moins. D’abord parce que le rythme, l’accent et l’intonation sont ce qui véhicule les intentions, le ton, l’humour, les sous-entendus etc. Ensuite parce que, à un niveau de conscience plus profond, le rythme, l’accent et l’intonation nous permettent d’être synchrones avec un interlocuteur natif et ainsi d’attirer son attention afin que notre discours ait plus d’impact sur lui.

   Les  différences de rythme entre deux interlocuteurs peuvent donc être source d’incompréhension mais aussi de stéréotypes et de préjugés. En effet, le rythme et la manière de bouger qui lui est inhérent constituent une forme de communication non verbale. Edward T. Hall nous donne l’exemple de la démarche, qui varie beaucoup d’un groupe ethnique à l’autre : la démarche des Anglo-américains est rapide et assurée alors que celle des Latino-américains est plus « fanfaronne ». Ainsi, aux yeux d’un Anglo-américain les Latino-américains peuvent paraître orgueilleux ou même prétentieux, et un Latino-américain peut croire que les Anglo-américains sont autoritaires. Nous considérons souvent, en effet, que la manière de bouger des gens nous révèle des indications sur leur caractère. En réalité, attribuer un caractère à l’ensemble des individus appartenant un groupe ethnoculturel en se fondant uniquement sur leur apparence revient à créer un stéréotype. La manière de bouger n’est pas une question de caractère, c’est, encore une fois, une question de rythme !

Pour aller plus loin :

Au-delà de la culture, une lecture du livre d’Edward T. Hall par Claire Barthélémy

La danse de la vie, une lecture du livre d’Edward T. Hall par Claire Barthélémy

Site en anglais consacré à Edward T. Hall

Le rôle du rythme pour la discrimination des langues


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