CIT Com

Posts Tagged ‘déduction

“Tell me where you are from, I will tell you what you think”. What a revolting sentence! Which of course is wrong. However it is not far from reality, for by only changing one word of it, one could produce a statement that could be verified in many situations and that has always been true: “Tell me where you are from, I will tell you how you think”.

Every culture, if we define it as does Marieke de Mooij in Global Marketing and Advertising: Understanding Cultural Paradoxes as “the glue that binds groups together”, sets a floor upon which individuals can dance.

That floor is made of thinking patterns and intellectual styles which are often very similar among people belonging to the same culture.

The Gallic intellectual style is the one in which French children are raised. It is the one of Descartes and of all the great French thinkers who produce concepts that are theoretical frameworks intended to help us think. Theory and principle work as a superior authority that can be referred to when demonstrating a point.

The Teutonic style has produced a massive number of major German thinkers (Hegel, Kant, Heidegger, Nietzsche, Marx, Freud, Goethe, Schopenhauer…) who deduce things from what they observe.

The Saxonic style, as exemplified by St Thomas, demands proof and evidence.  A fact is a fact, and can hardly be discussed.

The Nipponic style revolves much more around a general feeling about a situation. Logic is less valued in Japan than it is in France or America. The Japanese trust instincts and intuition (as do the Saudis).

 Warning! One can still object that Kant (Teutonic style, “reasoning and deduction”) was a specialist of abstract theoretical concepts and that Descartes’ “cogito ergo sum” (Gallic style, “theoretical arguments”) is a master example of reasoning and deduction. Thus this theory of styles cannot be generalized or applied to any thinker or any demonstration.

Still, one can easily observe that an American tends to demand “facts and evidence” and base the reasoning on this sole requisite. It is interesting to notice that the noun “accumulation” is used a lot in American books, which shows that American people tend to quantify things even if they are speaking about something abstract, like knowledge or skills.

In Asia, people tend not to think by following a logical chain of deduction based on solid facts, but rather by considering that A can lead to B but Z could also lead to B, because everything is interdependent for them.

In Western schools, critical analysis and deduction are encouraged. In Asia, pupils have many things to memorize. We could deduce from this that this memorization learning system accustoms people to associate events and facts quite freely and to capture information without especially putting it in a logical chain.

An interesting observation to end this article now: the Russian language uses a lot of negative forms (“There will never not be nothing” etc.), which has an influence on the way people think. Therefore, Russian-speaking thinkers have a very different approach to life than English- or French-speaking ones. It would be interesting to wonder if the language is responsible for this mentality or if it is the other way round (Russia and its surroundings have suffered a lot from conflicts, in which you need to be able to say no…).

Interesting references on the subject :

Marieke de Mooij’s website

A book : The nature of intellectual styles (Li-fang Zhang,Robert J. Sternberg)

Publicités


 « Dis-moi d’où tu viens, je te dirai ce que tu penses ». Quelle affirmation présomptueuse! Qui heureusement n’est pas avérée. Cependant, on pourrait seulement changer un mot et parvenir à une observation qui d’un coup semble bien plus pertinente : “Dis-moi d’où tu viens, je te dirai comment tu penses ».

 

Toute culture est une sorte de « tube de colle qui permet de souder un groupe social » ( l’expression est employée par Marieke de Mooij dans son livre Global Marketing and Advertising : Understanding Cultural Paradoxes). Toute culture est une piste sur laquelle chaque individu va pouvoir danser.

Les schémas de pensée et des façons de réfléchir vont bien souvent être communs au sein d’une culture et bien entendu varier d’une culture à l’autre. Il existe plusieurs types d’approches intellectuelles :

Le type gallique, à la française. C’est celui de Descartes et de tous les grands penseurs français, qui produisent du concept destines à devenir les cadres dans lesquels vont s’articuler la réflexion de leurs semblables. La théorie et les principes font office d’autorité supérieure à laquelle les français pourront se référer lorsqu’ils souhaitent démontrer quelque chose.

Le type teuton, qui a généré un nombre impressionnants de grands penseurs allemands (Hegel, Kant, Heidegger, Nietzsche, Marx, Freud, Goethe, Schopenhauer…) qui fonctionnent par déduction de ce qu’ils observent.

The type saxon exige des preuves et du concret, un peu à la manière de Saint Thomas face à la résurrection du Christ. Un fait est un fait et ne peut pas être discuté.

The style nippon, qui s’attache plus à l’impression générale que l’on a des choses, aux sentiments qu’on éprouve. Au Japon, la logique a moins de valeur qu’en France ou qu’aux Etats-Unis. Les Japonais, tout comme les Saoudiens, se fient à leurs instincts et à leur intuition.

Attention cependant : on aura raison d’objecter que Kant, par exemple, bien qu’il soit allemand, était un spécialiste des concepts théoriques abstraits et que Descartes, avec son “je pense donc je suis”, s’est impose en maître de la déduction. Cette théorie des façons de réfléchir ne doit donc pas être généralisée à tous les individus.

Cependant on remarquera tout de même que les Américains ont une tendance marquée à demander des faits et des preuves concrets lorsque l’on cherche à leur démontrer quelque chose. Le terme « accumulation » apparaît énormément dans les ouvrages américains : un indice intéressant de la façon dont les Etats-Unis quantifient même les choses abstraites comme la connaissance ou la compétence.

Pour les Asiatiques, contrairement aux occidentaux et à leur système de déduction en chaîne fondé sur des faits avérés, A peut mener à B mais B peut également mener à Z qui peut également mener à B : chaque chose du monde est interdépendante.

 

Dans les écoles occidentales, l’analyse critique et la déduction sont vivement stimulées et encourages. En Asie en revanche, on fera plutôt appel à la mémoire des élèves dans le processus d’apprentissage. Il serait intéressant de postuler que ce système d’apprentissage par la mémorisation soit une des raisons pour lesquelles les Asiatiques ont une telle capacité à associer faits et événements de façon totalement libre, sans se cantonner à une structure logique à l’occidentale.

Pour conclure cet article, une observation qui nous est venue quant à la langue russe. Cette dernière emploie beaucoup la forme négative. Ne vous étonnez pas si vous entendez un Russe vous expliquer calmement qu’il “n’y aura jamais aucun événement catastrophique en 2012 car nous n’avons jamais pas pu constater le contraire.” Etonnant, non? Cette structuration de la grammaire a une influence sur la façon de penser des Russes, ce qui explique la singularité de la pensée de certains écrivains et penseurs russophones. Mais bien sûr, on pourrait également dire que c’est la mentalité russe qui est à l’origine de cette grammaire si particulière (la Russie a rarement connu la paix et en temps de confit, il faut savoir dire non…).

Deux articles intéressants :

La négation en russe

La programmation mentale selon les pays

Un ouvrage sur le sujet : Cultures et modes de pensées, l’esprit humain dans ses oeuvres (Jerome Bruner)


septembre 2017
L M M J V S D
« Mar    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930