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Archive for janvier 13th, 2012

Qui a-t-il de plus nombreux que les stations de Métro à Paris ?  Ne cherchez pas,  il s’agit des cafés tout simplement.   Il faut dire que son apparition dans la capitale ne date pas d’hier…

Un long passé derrière lui…  

C’est au XVIIème siècle et plus précisément en 1674 qu’apparaît le premier café parisien, rue de Tournon puis rue de l’Ancienne Comédie sous le nom de Café Procope. Lassé des cabarets pleins d’ivrognes qui remplissaient le Paris de l’époque, Francesco Procopio voulu créer en ce lieu un endroit pour les gentilshommes et intellectuels de son temps où le café élèverait leurs esprits et stimuleraient leurs conversations. Dès lors, le café est devenu un phénomène à la mode et en 1700 on en comptait déjà 300 dans la capitale. Le Procope quant à lui restera l’illustration même du café littéraire où se côtoient les philosophes des Lumières, de Diderot à Voltaire en passant par Rousseau et Montesquieu. Cet illustre lieu existe encore sous les traits d’un restaurant gastronomique.

 « Ce café avait une arrière chambre, aujourd’hui historique. C’était là que se rencontraient parfois à peu près secrètement des hommes tellement puissants et tellement surveillés qu’ils hésitaient à se parler en public. C’était là qu’avait été échangé, le 23 octobre 1792, un fameux baiser entre la Montagne et la Gironde…» Victor Hugo, Quatre-vingt Treize

 Un peu plus de deux siècles plus tard, ce sont les artistes, peintres et poètes bohèmes, célèbres écrivains déchus de tous les horizons viennent échanger leurs idées et refaire le monde dans ces mêmes lieux.  Aujourd’hui encore, plusieurs de ces cafés perpétuent cette tradition artistique et littéraire par le biais de prix littéraires.

Des défilés à tous les coins de rue

 L’une des caractéristiques spécifiques du café parisien réside dans sa terrasse. Comme pour assister à un défilé, les chaises sont disposées face à la rue de telle sorte que les clients peuvent voir les passants et que les passants peuvent voir les clients assis. Plus qu’une habitude française, c’est bien à Paris que ce phénomène est le plus présent.

Mais pourquoi est-il si Frenchy ?  

Vous l’aurez compris, le çafé parisien n’est pas un lieu comme les autres. Il est le témoin de l’histoire, la mémoire encore vivante de la richesse culturelle nationale. Lieu de rencontre et de convivialité pour certains, lieu de débat et questionnement pour d’autres. Ce qui est sûr c’est qu’un Parisien se sentirait bien perdu sans son café du coin. Les cafés sont devenus en effet des lieux représentatifs de l’identité nationale qu’il ne faut surtout pas oublier de visiter !

Pour en connaître plus sur l’histoire des cafés et bistrots, cliquez ici.

Les adresses des grands classiques :

Le Procope : 13, Rue de l’Ancienne Comédie, 75006 Paris. Metro Odéon.

Le Café de Flore : 172 Boulevard Saint-Germain, 75006 Paris. Metro Saint-Germain-des-Prés.

Les Deux Magots : 6 Place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris. Metro Saint-Germain des Prés.

Un café pour cinéphile :

– Café des Deux Moulins à Montmartre pour revisiter Amélie Poulain : 15 Rue Lepic, 75018 Paris. Metro Blanche.

Un café atypique venu d’Orient :

– Café Maure de la Mosquée de Paris : 39 Rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris. Metro Censier-Daubenton.

Pour trouver d’autres cafés dans Paris,  cliquez ici.

Article de Camapima Adagpavi

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Ces dernières années, une question assassine est venue bouleverser l’un des grands pans de la culture française : qu’en est-il de notre gastronomie française ? Vous savez, cette cuisine reconnue universellement et depuis si longtemps qu’elle représente une institution à nos yeux comme à ceux du reste du monde. Une cuisine qui allie un savoir-faire ancestral à des produits d’une qualité exceptionnelle, à la fois savoureux et goûtus.

Il faut d’abord se demander quelle est véritablement la différence entre gastronomie et cuisine. Par le biais de la cuisine, l’être humain cherche à déterminer les techniques lui permettant de préparer l’ensemble des aliments qui l’entoure. Grâce à la gastronomie, il veut surpasser ces règles et cherche les différents modes de consommation parfaits pour ces mêmes aliments.

Pour ceux qui douteraient encore de la passion qu’éprouvent les français à l’égard de la gastronomie, je ne peux que leur conseiller de faire un simple test : qu’ils se rendent sur la page Wikipédia française consacrée à la gastronomie et qu’ils visitent ensuite ses consœurs anglaise, espagnole, italienne, hollandaise, etc. La comparaison est éloquente. Les français mêlent les mots « art », « science », « luxe » et « philosophie » à un descriptif historique très autocentré, il faut tout de même le reconnaitre. Les autres nationalités proposent quant à elles une description toute sommaire, à l’exception de la version espagnole qui offre aux lecteurs des liens pour découvrir l’ensemble des gastronomies mondiales. N’est-ce pas déjà là, un signe de grande différence culturelle ?

Se demander où en est la gastronomie française, c’est un peu se poser la question de l’état de la culture française. Un peu comme si on faisait le bilan du cinéma français ou du nombre de touristes étrangers qui viennent admirer la tour Eiffel, l’Arc de triomphe, les falaises d’Etretat ou la Côte d’Azur. Se demander où en est la gastronomie française, c’est, finalement, se demander où en est la France.

La grande cuisine n’est plus exclusivement française, on le sait depuis bien longtemps. Les produits de grande qualité peuvent se trouver n’importe où dans le monde (l’art de la nouvelle cuisine est d’ailleurs de savoir les dénicher) et le savoir-faire ancestral est universel, il faut le reconnaître. La cuisine italienne tient bon la barre, l’espagnole n’a jamais été aussi bien réputée, le Royaume-Uni propose un nombre impressionnant d’émissions télévisées consacrées à la cuisine, grâce entre autres, aux chefs Jamie Oliver et Gordon Ramsay (3 étoiles au Guide Michelin). Et les autres pays ne sont pas en reste !

Cauchemars en cuisine

Alors quid de notre grande « bouffe » ? Il est difficile de donner un avis objectif et tranché sur la question. En jetant un œil aux cinq derniers classements de Restaurant Magazine, revue britannique réputée qui publie chaque année une liste des 50 meilleurs chefs cuisiniers du monde, les sentiments sont partagés. En effet, si depuis 2007, la France reste, en moyenne, le pays qui compte le plus grand nombre de restaurants au classement et cela avec une bonne avance sur nos voisins espagnols ou italiens (véritables concurrents en termes de nombre de chefs classés), la première place n’est plus française depuis longtemps.

En 2008, le premier restaurant français se classait 3ème. Pas mal dira-t-on. Oui mais… En 2009, la chute est douloureuse : la première apparition gauloise se fait en 7ème position et stagne autour de la dixième depuis lors (11ème en 2010, 9ème en 2011).

Cette année, la pole position est tenue par un chef… danois ! René Redzepi, chef au restaurant Noma à Copenhague, a obtenu pour la seconde année consécutive la reconnaissance de ses pairs.

La médaille en chocolat

Déjà, les défenseurs de la culture française s’écrient : « Oui, mais nous sommes le premier et seul pays dont la gastronomie est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce n’est pas rien tout de même ! ». Soit, il est vrai que, depuis 2010, notre cuisine est inscrite au patrimoine mondial. Cette initiative avait d’ailleurs été marquée par le soutien notable de la part de nombreux chefs français dans cette démarche : 300 à 400 signatures de chefs, parmi lesquels de nombreuses célébrités (Paul Bocuse, Alain Ducasse, Pierre Troisgros, Marc Veyrat, Michel Guérard …).

« Le repas fait partie profondément de l’identité des Français », explique Jean-Robert Pitte, président de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires, qui a porté le dossier pendant trois ans. « Ça existe dans bien d’autres pays. Mais nous avons une certaine forme de gastronomie, avec ce mariage mets et vins, cette succession de plats, cette façon de mettre la table, d’en parler, qui sont spécifiquement français ».

Car plus que le contenu de nos assiettes, le comité note avant tout que la gastronomie française relève d’une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes. Et c’est là que le bat blesse. En quoi un repas espagnol, italien, allemand, anglais ou de toute autre nationalité ne relève pas d’une pratique sociale identique à celle décrite ci-dessus. Il faut bien se l’avouer, ce classement au patrimoine, n’importe quel pays pourrait l’obtenir sur simple demande.

Le sot-l’y-laisse

Pourtant, en y regardant de plus près, il serait idiot de tracer un trait définitif sur la réputation de notre cuisine et sur sa représentation dans le monde.

Le Monde a publié en 2009 une enquête réalisée par ses soins auprès de diplomates de France à travers le monde. 110 ambassadeurs ou chefs de missions diplomatiques ont répondu à 165 questions portant sur la présence de la cuisine française dans le pays où ils se trouvent. 66% d’entre eux estimaient alors que notre cuisine restait une référence vivante et 13% qu’elle était porteuse d’avenir. Selon 80% d’entre eux, celle-ci représente une « image de référence » mais 10% notaient qu’elle était « prestigieuse mais passéiste ».

La donnée particulièrement intéressante est celle du nombre de restaurants français dans les pays de résidence des ambassadeurs. Pour 66%, celui est resté « stable » ces trois dernières années et 30% indique même une augmentation. 41% de ces établissements sont tenus par des chefs français ou des individus du pays formés en France (29%).

Cette étude se conclue sur la présence des produits gastronomiques français qui sont largement représentés (dans 94% des cas), avec sans surprise, une présence majoritaire des vins (38%), des produits de  boulangerie (33%) et pour finir de l’épicerie fine (29%).

Le constat est donc plutôt positif et rassurant.

Un goût amer

Malgré cela, quelques individu continuent à pourchasse la cuisine française, à l’instar de l’américain Michael Steinberger qui, dans son enquête La cuisine française, un chef-d’œuvre en péril, passe au hachoir la grande cuisine français. « Fatigués », « figés », « crispés », les cuisiniers en prennent plein la poire. Il n’est malheureusement pas le seul à faire ce constat. On espère malgré tout qu’il ne s’agit là que d’une passade et pas d’un reflet de la mentalité française, mondialement connue pour sa capacité à se replier sur soi-même, à rester sur ses acquis et à s’auto-congratuler.

Quelques liens intéressants :

Site de la revue Restaurant Magazine
Liste des « 50 Best Restaurants » de Restaurant Magazine
Article sur les « 50 Best Restaurants »
Article du Figaro sur la réputation de la cuisine française dans le monde
Entretien avec Michael Steinberg
Entretien avec Alexandre Cammas, créateur du Grand Fooding
Article du Figaro sur l’inscription de la gastronomie française à l’Unesco
Texte d’inscription du repas gastronomique français à l’Unesco
Article sur la meilleure cuisine européenne
 

Vidéo de Frédéric Lefebvre, secrétaire d’état chargé du Tourisme, sur la gastronomie française

 

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